Savoir quand NE PAS utiliser tes ventouses : la compétence que ta formation t’a pas montrée (autre que les contre-indications)
Ce qu’il faut savoir
Savoir poser une ventouse, c’est la partie facile. Savoir quand la laisser sur la tablette, c’est là que le vrai travail commence. Dans cet article, je te montre comment je réfléchis avant de sortir mes ventouses : ce que j’observe, ce que je questionne, ce que je teste, et pourquoi 2 clients avec une douleur semblable repartent avec 2 plans de travail complètement différents.
Vingt-six ans à mettre les mains sur des corps qui bougent, 10 ans à enseigner les ventouses en massothérapie à des thérapeutes du Québec. Et la question qu’on me pose le moins souvent en formation, c’est pourtant la plus importante : « Marie-Claude, dans quel cas tu les sors PAS? » Parce que le kit, tout le monde peut l’acheter. Le jugement, lui, ça s’achète pas.
Ça fait 6 mois que t’as fini ta formation. Ton kit de ventouses est sur la tablette, à portée de main. Et tsé quoi? Il sort à presque toutes les séances. Le trapèze du client de 9 h : ventouses. La lombaire du coureur de 10 h 30 : ventouses. La cuisse de la hockeyeuse de 13 h : ventouses. Tu te dis que t’as payé pour, que le client aime ça, que ça donne des résultats. Vrai. Mais la question que tu te poses pas, c’est celle-là : est-ce que tu les sors parce que le corps devant toi te le demande, ou parce que t’as un nouvel outil? Ça va peut-être grafigner. On y va quand même.

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La scène qui explique tout Ce qui se passe dans ma tête avant même de toucher la table Deux clients, une douleur semblable, deux décisions |
Lundi matin, mon bureau à Sainte-Thérèse. Deux clients. Deux douleurs à l’épaule, côté droit, apparues il y a environ 3 semaines, sans traumatisme. Sur papier, c’est le même cas.
Chez le premier, un coureur de 44 ans qui a recommencé la natation, les ventouses font partie de mon choix thérapeutique dès la première séance. Silicone, mobiles, sur la chaîne postérieure, à intensité modérée, 6 à 8 minutes.
Chez la deuxième, une graphiste de 38 ans qui travaille 10 heures par jour à l’ordinateur, les ventouses restent sur la tablette. Pas cette séance-là. Peut-être la prochaine.
Pourquoi?
Parce que la douleur est semblable, mais le corps, l’histoire, le tissu, l’objectif et le contexte sont complètement différents. Et parce que mon plan de travail découle de ce que j’observe, pas de ce que j’ai dans mon coffre.
C’est ça, le jugement clinique. Pas un slogan. Une séquence de décisions qui se prennent avant que la première ventouse touche la peau.
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Le pattern que je vois chez 8 thérapeutes sur 10 T’as appris le geste, t’as pas appris la question La technique vient après la décision |
Voici ce que j’observe depuis 10 ans dans mes cohortes : le thérapeute sort de formation avec une technique. Il repart avec le geste, l’angle, la pression, la durée. Excellent. C’est nécessaire. Mais la formation lui a pas appris à se poser LA question qui vient avant : « Est-ce que c’est le bon outil, ici, maintenant, pour cette personne? »
Alors il fait ce que tout le monde fait avec un outil neuf. Il l’utilise. Partout. Souvent. Et il appelle ça « intégrer la technique ».
Je vais te dire les vraies affaires. Utiliser tes ventouses parce que t’as payé ta formation, c’est pas de l’intégration. C’est de l’amortissement. Les utiliser parce que le client trouve ça cool et que les marques font des belles photos, c’est pas du raisonnement. C’est du marketing. Et les utiliser parce que ça te donne l’air outillé(e) devant ton client, c’est pas de la confiance. C’est de l’insécurité déguisée.
Ça grafigne? Bien. Parce que tu sais déjà que c’est vrai, sinon tu serais pas rendu(e) au paragraphe 2.
Une technique, c’est une réponse. Une réponse à quoi? Tant que t’as pas formulé la question, t’appliques une réponse au hasard. Et au hasard, des fois ça marche. Ce qui est encore plus dangereux, parce que ça te confirme dans un réflexe qui n’est pas du jugement.
La technique vient après la décision. Jamais avant.
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Ma séquence, sans filtre Comment je décide, concrètement, en moins de 10 minutes Ce que j’observe, ce que je questionne, ce que je teste |
Reprenons mes 2 clients de lundi. Voici ce qui s’est passé avant toute décision, dans cet ordre.
J’observe. Comment la personne entre dans mon bureau. Comment elle enlève son manteau. Comment elle s’assoit. Le coureur bouge son épaule en parlant, sans y penser. La graphiste protège la sienne, bras collé au corps, sans même s’en rendre compte. Deux corps, deux messages, avant un seul mot d’anamnèse.
Je questionne. Depuis quand, dans quel contexte, qu’est-ce qui empire, qu’est-ce qui soulage, qu’est-ce qui a changé dans la vie de la personne il y a 3 semaines. Le coureur a ajouté 3 séances de natation par semaine. La graphiste a changé de poste de travail, dort mal, et prend une nouvelle médication depuis 1 mois.
Je teste. Amplitude active, amplitude passive, quelques tests de mouvement simples, palpation. Chez le coureur, le tissu est dense, chaud, réactif, et la douleur se reproduit clairement en fin d’amplitude. Chez la graphiste, le tissu est tendu mais sans relief, la douleur est diffuse, et ce qui la reproduit, c’est pas le mouvement de l’épaule : c’est la position de la tête.
Je formule mon objectif. Pour le coureur : redonner de la mobilité à une chaîne postérieure qui manque de glissement après une surcharge. Les ventouses mobiles sont exactement l’outil pour ça. Pour la graphiste : comprendre d’abord pourquoi la région cervicale et le haut du dos sont en protection. Ventouser l’épaule avant de comprendre ça, c’est traiter le messager, pas le message.
Je réévalue. Après 6 minutes de ventouses chez le coureur, je retire, je refais le test d’amplitude. Le corps répond? Je continue dans cette direction. Il répond pas? J’arrête, je change d’outil, je change d’hypothèse. La réponse du tissu, c’est mon guide. Pas mon plan de départ.
C’est ça que j’appelle RÉFLEXION, ACTION, RÉVISION. Pas juste dans mon académie de coaching. Sur ma table, à chaque séance, depuis 26 ans.
Cette séquence-là, c’est exactement ce que je transmets dans mes formations et mon coaching. Les 3 portes sont au même endroit : massothérapie, formation, coaching.
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Ma liste personnelle Pas une liste médicale. Une liste de jugement. Les 5 situations où mes ventouses restent sur la tablette |
Je vais pas te refaire la liste des contre-indications de ton manuel de formation. Tu l’as déjà. Je te donne plutôt les 5 situations où, dans ma pratique, le kit reste fermé, même quand la technique serait faisable.
| ① |
Quand j’ai pas d’objectif clair. Si je suis pas capable de dire en 1 phrase pourquoi je pose cette ventouse, à cet endroit, avec cette intensité, je la pose pas. « Parce que c’est tendu » n’est pas un objectif. Tout est tendu chez quelqu’un qui a mal. |
| ② |
Quand le tissu me dit non. Peau fragile, zone récemment blessée, inflammation évidente, réaction cutanée inhabituelle à la palpation, ou une médication qui change la réponse des tissus. Là, j’ai pas besoin de tester la limite. Le corps a déjà répondu. Et si quelque chose dépasse mon champ, je réfère à un professionnel qualifié. Point. |
| ③ |
Quand la douleur vient d’ailleurs. Ma graphiste de lundi. Ventouser là où ça fait mal quand la source est 3 étages plus haut, c’est perdre une séance et faire croire au client qu’on a travaillé. Trouve le message avant de t’occuper du messager. |
| ④ |
Quand le client veut les marques, pas le résultat. Ça arrive plus souvent que tu penses. « Fais-moi les ronds comme sur Instagram. » Non. Les ventouses laissent pas des trophées. Elles laissent des informations. Si l’information dont j’ai besoin ne demande pas de marques, il y en aura pas. |
| ⑤ |
Quand un autre outil fait mieux la job. Mes mains, un travail de mobilité, une amélioration posturale, le gua sha, un exercice à donner en devoir. Le meilleur outil, c’est celui qui répond à l’objectif. Pas celui que t’as payé le plus cher. |
Tu remarques une chose? Aucune de ces 5 situations n’est une question de technique. Ce sont 5 questions de décision.
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Ce que la recherche te dit, et ce qu’elle te dit pas Les études parlent en moyennes. Ton client, lui, est unique. Maîtriser les ventouses en massothérapie, c’est aussi savoir les laisser sur la tablette |
Une revue systématique publiée en 2025 a compilé 72 essais cliniques et 5 720 participants sur les ventouses et la douleur. Conclusion : un effet favorable sur la douleur, mais avec une qualité de preuve jugée faible, et tous les essais évalués à risque élevé de biais [1]. Lis bien ça. Ça veut pas dire que les ventouses marchent pas. Ça veut dire que la recherche te donne une tendance de groupe, pas une recette pour la personne couchée sur ta table à 10 h 30.
La recette, c’est toi qui l’écris. À chaque séance. Avec tes yeux, tes questions, tes mains et ton honnêteté.
C’est là que se fait la différence entre un thérapeute qui a une technique et un thérapeute qui a du jugement.
Le premier ventouse tout le monde.
Le deuxième sait pourquoi il ventouse.
Le premier vend une technique.
Le deuxième vend un raisonnement.
Le premier plafonne.
Le deuxième est booké 3 mois d’avance.
Ça grafigne encore? C’est correct. Je préfère te brasser un peu ici plutôt que tu continues à sortir ton kit par réflexe pendant 5 ans.
Maîtriser les ventouses, ce n’est pas seulement savoir quoi faire avec elles. C’est aussi savoir quand les laisser sur la tablette. Et ça, aucun compétiteur peut te le copier. Ça se bâtit une décision à la fois.
Si c’était facile, tout le monde le ferait.
Questions fréquentes sur les ventouses en massothérapie
Pourquoi mon massothérapeute n’utilise pas les ventouses à chaque séance?
Parce que les ventouses sont un outil, pas une routine. Un thérapeute qui a du jugement choisit ses outils selon ce qu’il observe et teste chez toi, séance après séance. Si elles sortent pas, c’est souvent une bonne nouvelle : il a trouvé un meilleur chemin pour ton objectif du jour.
Les marques de ventouses, c’est normal?
Une coloration temporaire est fréquente et disparaît généralement en quelques jours. Mais les marques ne sont pas le but. Un bon travail avec les ventouses en massothérapie peut laisser très peu de traces si l’objectif ne demande pas une intensité élevée.
Quand est-ce qu’un massothérapeute devrait éviter les ventouses?
Quand il n’a pas d’objectif clair, quand le tissu montre des signes qui demandent de la prudence, quand la douleur vient d’une autre région, quand le client cherche les marques plutôt que le résultat, ou quand un autre outil répond mieux à l’objectif. Et toujours en référant à un professionnel qualifié quand la situation dépasse son champ de pratique.
Quelle formation ventouses choisir comme massothérapeute au Québec?
Cherche une formation qui t’enseigne le raisonnement autant que le geste. Le kit et la technique, ça s’apprend en 2 jours. Le quand, le pourquoi et le comment adapter, c’est ce qui décide si tu vas encore l’utiliser dans 5 ans. Ma formation Niveau 1 (2 jours) et Niveau 2 (1 jour) se donnent à Laval.
Estigue de gros potentiel
Ton kit sort par réflexe depuis 6 mois. Tu le sais. La formation qui t’apprend le quand, elle se donne à Laval.
T’es outillé(e) mais tu te sens seul(e) dans tes décisions cliniques. Je l’ai été aussi. Le raisonnement, ça se développe accompagné(e).
Aider le plus de gens possible à aller le mieux possible. Développer la massothérapie au Québec. Aider les massothérapeutes à se développer. Voilà mes 3 missions. Les 3 portes sont ouvertes.
Sois le meilleur dans ce que t’es, puis entoure-toi des meilleurs.
Marie-Claude Légaré, massothérapeute sportive, formatrice et coach. 26 ans dans le métier.
Sainte-Thérèse, Québec |
Marie-Claude Légaré Vingt-six ans dans le métier, bookée 2 à 3 mois d’avance, et toujours la même flamme qu’au premier jour (celle qui me fait encore observer comment mes clients enlèvent leur manteau). Massothérapeute sportive à Sainte-Thérèse, formatrice ventouses à Laval depuis 10 ans, coach pour massothérapeutes qui veulent arrêter de plafonner. Récipiendaire du Prix du Choix du Consommateur 2021 et 2023, catégorie massothérapie, Rive-Nord de Montréal. Mes 3 missions : aider le plus de gens possible à aller le mieux possible, développer la massothérapie au Québec, et aider les massothérapeutes à se développer. Si c’était facile, tout le monde le ferait!!! |
Source
[1] Update evidence of effectiveness on pain relieving of cupping therapy: a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. PMC, 2025. pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC11955767
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BY: admin_massosp
